En bref
- Depuis 2023, l’IA a réduit le temps passé sur les tâches de production : premières maquettes, premiers jets de texte, bouts de code, analyses.
- En 2026, elle est entrée dans les outils eux-mêmes : Elementor lance un agent et WordPress 7.0 ouvre son cœur aux agents IA.
- Ce qu’elle ne fait pas : comprendre votre entreprise, porter la responsabilité d’un site et le suivre dans la durée. C’est là que se joue désormais notre métier.
On nous pose la question de plus en plus souvent, parfois avec un sourire en coin : « Avec l’IA, vous servez encore à quelque chose? » C’est une bonne question. Elle mérite une réponse honnête, avec des faits plutôt qu’un discours commercial.
Nous concevons et suivons des sites Web depuis 2015, en France puis à Montréal. Voici ce que nous avons vu changer, ce que l’IA fait réellement dans notre quotidien, et ce qu’elle ne fait pas.
Trois ans qui ont tout accéléré
À la fin de 2022, ChatGPT ouvre la voie et les assistants conversationnels commencent à s’installer dans les bureaux. Pendant deux ans, ils servent surtout à rédiger : un courriel, une description de produit, une première version de texte. Utile, mais rien qui change la façon de construire un site.
En février 2025, le chercheur Andrej Karpathy invente une expression qui va faire le tour du monde : le vibe coding, l’idée de créer une application en décrivant ce qu’on veut, sans écrire le code soi-même. Le dictionnaire Collins en fait son mot de l’année en novembre. Entre-temps, des outils comme Lovable ont explosé : la plateforme suédoise a dépassé 100 millions de dollars américains de revenus annuels huit mois après son lancement, et elle était valorisée à 13,3 milliards de dollars américains en août dernier.
En 2026, l’IA est entrée dans les outils que nous utilisons tous les jours :
- Mars 2026 : Elementor, le constructeur de pages le plus utilisé sur WordPress, lance Angie, un agent capable d’écrire et de tester des fonctionnalités sur mesure.
- Mai 2026 : WordPress 7.0 intègre l’IA directement dans son cœur, avec des briques qui permettent à des agents IA de lire et de modifier un site.
Autrement dit, la question n’est plus « faut-il utiliser l’IA? ». Elle est déjà dans le coffre à outils de tous ceux qui fabriquent des sites.
Ce que les chiffres disent vraiment
Chez les développeurs, l’usage est massif : selon l’enquête annuelle de Stack Overflow, 84 % utilisaient ou prévoyaient d’utiliser des outils d’IA en 2025. Mais la confiance ne suit pas : 46 % se méfiaient de la fiabilité des réponses, contre 31 % un an plus tôt. Dans l’édition 2026, publiée au début d’octobre, seulement 20 % des développeurs qui utilisent l’IA s’en servent pour déployer ou faire tourner des systèmes en production. On l’utilise beaucoup pour produire, beaucoup moins pour faire tourner ce qui doit marcher.
Côté agences, une étude de WP Engine publiée en avril montre que 63 % investissent dans des outils d’IA et que, dans 68 % des cas, ce sont les clients qui abordent le sujet en premier.
Et côté entreprises canadiennes, le changement est récent mais rapide. Selon Statistique Canada, 19,2 % des entreprises ont utilisé l’IA pour produire des biens ou offrir des services au cours des douze mois précédant le printemps 2026, contre 6,1 % deux ans plus tôt : le taux a triplé. Au Québec, l’Institut de la statistique du Québec mesurait 12,7 % en 2025. Les sondages qui portent sur l’IA générative au sens large donnent des chiffres plus élevés : 30 % des PME canadiennes l’utilisent selon la BDC, et 52 % des internautes québécois l’avaient déjà essayée à l’automne 2025, selon l’enquête NETendances.
Ce que l’IA fait chez nous
Nous l’utilisons tous les jours, et nous ne nous en cachons pas. Concrètement :
- Les premières versions vont plus vite. Une arborescence, une première maquette, une base de textes à retravailler : ce qui prenait une journée prend parfois une heure. Le temps gagné part dans ce qui compte, le fond et les détails.
- Le code sur mesure est plus accessible. Une fonctionnalité précise pour un client, un calcul, un connecteur entre deux outils : l’IA écrit une première version, nous la relisons, la testons et la sécurisons.
- Les analyses sont plus fines. Croiser des données de la Search Console, repérer une page qui décroche, comparer des périodes : l’IA nous aide à aller plus vite dans les chiffres, la décision reste humaine.
- Nos clients en profitent directement. Avec nos services d’automatisation IA (relances, tri des demandes, comptes rendus) et les modules de l’app HDKN : un chatbot IA entraîné sur leur activité, une réceptionniste IA, un générateur d’articles. Nos chatbots indiquent clairement à l’internaute qu’il échange avec une IA. L’Europe l’exige depuis le 2 août 2026, et c’est une question de confiance. Au Québec, la Loi 25 oblige déjà à informer une personne quand une décision qui la concerne est prise uniquement par un traitement automatisé.
Une règle ne bouge pas : rien ne part en ligne sans avoir été relu, vérifié et testé par quelqu’un de l’équipe. Pas un texte, pas une ligne de code.
Ce que l’IA ne fait pas
Comprendre votre entreprise
Une IA peut écrire « entrepreneur de confiance depuis 20 ans » pour n’importe qui. Elle ne sait pas que vos clients viennent surtout de Laval et de la Rive-Sud, que votre vrai point fort est le délai d’intervention, ou que votre principal concurrent vient de baisser ses prix. Ce travail de compréhension se fait en discutant avec vous, pas en écrivant une requête.
Porter la responsabilité
Quand un site tombe un samedi matin, quand une extension crée une faille, quand une mise à jour brise le formulaire de contact, il faut quelqu’un qui réponde. L’accessibilité, la Loi 25, la sécurité : ce sont des responsabilités, pas des fonctionnalités.
Suivre un site dans la durée
C’est peut-être le changement le plus profond. Concevoir un site n’a jamais été aussi rapide. Mais un site non suivi se dégrade : versions de PHP et d’extensions dépassées, pages qui décrochent sur Google, contenus qui vieillissent, nouvelles règles à appliquer. Un site généré en dix minutes et laissé à l’abandon coûte plus cher, au bout d’un an, qu’un site bien construit et entretenu.
Ce que ça change dans notre métier
Le métier d’agence Web glisse de la fabrication vers le pilotage. Nous passons moins de temps à produire et plus de temps à décider, vérifier, mesurer et améliorer. C’est pour cela que nous avons construit notre offre autour du suivi : un forfait de maintenance où un webmestre s’occupe de votre site chaque mois, en plus de la conception.
L’IA n’a pas remplacé l’agence Web. Elle a rendu inutile l’agence qui se contentait de livrer un site et de disparaître. Et franchement, c’est une bonne nouvelle pour les entreprises.
Envie d’en parler, ou de voir ce que l’IA pourrait automatiser dans votre entreprise? Écrivez-nous.
Sources
- Statistique Canada, utilisation de l’IA par les entreprises, juin 2026
- Institut de la statistique du Québec, l’IA dans les entreprises au Québec, novembre 2025
- BDC, étude sur la transformation numérique et l’IA, juin 2026 (en anglais)
- Université Laval, NETendances sur l’IA générative, mars 2026
- Stack Overflow, enquête développeurs 2025
- Stack Overflow, enquête développeurs 2026, 6 octobre 2026
- WP Engine, tendances IA dans les agences, avril 2026
- InfoQ, l’IA dans WordPress 7.0
- TechCrunch, Lovable dépasse 100 millions de dollars, juillet 2025
- Lovable, financement de série C, août 2026
- Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, article 12.1